Les Allobroges savoyards

Face à la haine et au terrorisme, liberté, égalité, et fraternité plutôt qu’état d’urgence

A l’Assemblée nationale et au Sénat, les élus du Front de gauche ont voté contre la prolongation de l’état d’urgence. Le communiste André Chassaigne a expliqué le pourquoi de ce vote en déclarant : « Une fois de plus, le terrorisme aveugle a frappé des innocents. Nos pensées vont tout d’abord aux victimes et à leurs proches (…) Dans ce chaos, les femmes et les hommes ont su répondre à l’abomination par des élans de solidarité. Nous leur rendons hommage (…) Aujourd’hui, plus que jamais, ne cédons pas aux appels à la haine, à la division, aux amalgames, à la violence », refusons la stigmatisation des migrants.

Et il faut être clair : l’état d’urgence, déjà prolongé trois fois, n’a rien changé à l’intensité de la menace terroriste. Il a perdu son efficacité et n’a finalement servi qu’à tenter d’interdire des manifestations syndicales. André Chassaigne précise :
« L’attentat de Nice prouve que nous allons avoir à affronter des actes isolés impossibles à devancer (…) Les députés du Front de gauche considèrent qu’une nouvelle prolongation de l’état d’urgence n’est pas la bonne solution (…) Il ne faut pas prolonger des mesures qui, dans la durée, ne sont pas plus efficaces que notre droit commun (…) Ne laissons pas notre pays sombrer progressivement dans un Etat sécuritaire, autoritaire, voire arbitraire ». Il y a, dans notre état de droit, toutes les armes nécessaires pour affronter le terrorisme. Elles ont été complétées et durcies, et pourtant le terrorisme frappe toujours. La solution est donc ailleurs. »
Et André Chassaigne continue : « Face à la succession d’actes de barbarie, il nous faut étudier et concevoir des réponses globales s’inscrivant dans une démarche de prévention pour conjurer le terrorisme comme mode d’action politique (…) A l’intérieur de nos frontières, il y a urgence à mettre en place des réformes efficaces pour empêcher de nouveaux recrutements de terroristes sur notre territoire. Il faut actionner tous les leviers, de l’école au monde du travail, en passant par la culture et l’éducation populaire pour ne plus fournir de chair à canon à Daech ». Il faut renouer avec une politique sociale recréant de l’égalité et de la fraternité.

Et puis il y a la politique étrangère de la France qu’il faut remettre en cause.

« Nous payons aujourd’hui les inconséquences de la politique française au Moyen-Orient conduite depuis des années par Nicolas Sarkozy ou François Hollande (…) Et, si les opérations militaires contre Daech marquent des points, elles ne peuvent pas suffire si elles ne sont pas reliées à une action pour contraindre l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie à cesser d’instrumentaliser le terrorisme pour asseoir leur hégémonie régionale et consolider leur régime intérieur (…) Enfin, il faut ouvrir des négociations sous le contrôle de l’Onu pour arrêter la guerre en Syrie, assécher les mannes financières colossales de Daech, arrêter de nous compromettre avec les puissances fondamentalistes de la région sous le prétexte qu’elles sont économiquement libérales (…) Ne tombons pas dans le piège tendu par Daech. Ne laissons pas triompher les passions sécuritaires et les divisions identitaires (…) Le Mahatma Gandhi nous donnait l’alerte en disant : A appliquer la loi de l’œil pour l’œil, l’humanité finira aveugle ».

Que cherchent-ils au travers de l’état d’urgence ?

On peut se poser la question. Au-delà de la polémique indigne et lamentable opposant la droite et le PS sur les responsabilités dans l’horrible attentat de Nice, il faut bien voir qu’ils sont d’accord sur le fond. Avec un état d’urgence permanent, ils veulent instaurer un régime autoritaire où tout le monde marchera au pas sans jamais remettre en cause le système libéral. Nous nous y refusons.

Nicolas Sarkozy, de l’inconséquence au grand n’importe quoi

Nicolas Sarkozy « surfe » sans honte sur le drame de Nice. Il veut ainsi nous faire oublier que, sous son quinquennat, plus de 12 000 postes ont été supprimés dans la police et la gendarmerie pour « faire des économies ». Et ses propositions, concernant Nice, sont complètement « à côté de la plaque ». Ainsi, il réclame l’expulsion des étrangers fichés « S », mais le terroriste de Nice n’a jamais été fiché ! Il demande « la fermeture de tous les lieux de culte ayant des rapports avec le salafisme », mais le terroriste ne fréquentait pas la mosquée ! Il veut développer le renseignement en prison (ce qui peut être utile), mais le terroriste n’a jamais mis les pieds dans une cellule ! En fait, tous les spécialistes en conviennent, la propagande djihadiste prospère sur les fractures sociales et politiques des sociétés occidentales. Mais on voit mal Nicolas Sarkozy s’y attaquer.

Le projet de fusion des deux Savoie apporte plus de questions que de réponses !97623547

Le projet de fusion de la Savoie et de la Haute-Savoie, projet porté essentiellement par le président du Conseil départemental du 73, Hervé Gaymard, nécessite un grand débat public contradictoire afin que chaque citoyen puisse se faire son idée sur ses tenants et ses aboutissants, débat qui, pour nous, devrait se concrétiser par un référendum impliquant tous les Savoyards. Une pétition a été lancée dans ce sens.
Bien sûr, l’agrandissement imposé des régions et des cantons, les pressions des préfets pour activer regroupements de communes et de com com tendent à banaliser le projet de fusion des deux Savoie. Pourtant il fait problème. En effet, salariés et citoyens ont « apprivoisé » la structure départementale. Quand il y a un conflit social, ils savent à quelle porte frapper pour en faire avancer la solution. Quand une question administrative se pose, Chambéry n’est jamais bien loin. C’est ce qu’on appelle la proximité. Elle touche l’ensemble de la vie des gens. La fusion des deux Savoie diminuerait considérablement cette proximité.fusions-acquisitions
D’ailleurs, les regroupements de structures déjà réalisés ou envisagés dans l’optique de la fusion (Chambres d’agriculture, services incendie, etc) se traduisent par une mobilité accrue des personnels et impliquent une diminution prévisible du service rendu par la suppression des « doublons ». C’est ce qu’on appelle, par abus de langage, la mutualisation des moyens : elle se traduit par la mutilation des services rendus. D’ailleurs, lorsque les citoyens ont été consultés par référendum sur l’idée de fusionner deux départements, ils ne s’y sont pas trompés et ont rejeté la proposition, en Corse en 2003 et en Alsace en 2013.
Proximité et services publics diminués, rien que cela demande un débat. Mais d’autres questions se posent également. Quelle serait la capitale de la nouvelle structure ? Que deviendront la préfecture et les sous- préfectures ? Comment les Savoyards (presque deux fois moins nombreux que les Hauts-Savoyards) pourraient- ils garder une représentation crédible dans la nouvelle structure ? Que restera-t-il des services publics départementaux ?
Les présidents des conseils départementaux des deux Savoie, Hervé Gaymard et Christian Monteil, n’ont-ils pas dans l’idée de créer une mini région qui, avec le tourisme de luxe, s’affranchirait définitivement des dernières barrières sociales de notre pays ? Quel est le but véritablement recherché ? Les deux présidents veulent s’entretenir avec chacun des 70 conseillers départementaux d’ici la fin de l’année pour les convaincre de la validité de leur projet. Pourquoi cette précipitation ? S’agit-il de vaincre quelques résistances « entre quatre yeux » ? Et pourquoi les populations sont-elles tenues en dehors du débat ?

Dès le 15 septembre, les syndicats relancent l’action contre la loi travail, et ils ont raison. Les communistes appellent tous leurs amis à y participer massivement. Car la loi travail constitue un terrible recul social qui débouchera sur plus de difficultés et plus de précarité pour les salariés.

La loi travail, une loi contre les salariés

Dès le 15 septembre, les syndicats relancent l’action contre la loi travail, et ils ont raison. Les communistes appellent tous leurs amis à y participer massivement. Car la loi travail constitue un terrible recul social qui débouchera sur plus de difficultés et plus de précarité pour les salariés.

En effet, en inversant « la hiérarchie des normes », la loi travail prévoit qu’ucasse_du_coden accord d’entreprise sera plus important que l’accord de branche. Cela signifie qu’un accord passé dans une entreprise s’imposera à ses salariés même (et surtout…) s’il est moins bon que l’accord de toute la branche concernée, que ce soit pour le salaire, le temps de travail, les heures supplémentaires ou les conditions de travail (et, quand on connaît les moyens de pression et de chantage à l’emploi dont disposent les directions pour imposer leur point  de vue aux salariés, on sait que ces derniers auront bien du mal à résister ! D’autant que, s’ils le font, les licenciements menacent…). La loi travail n’est ni une « bonne » loi, ni une loi de gauche. Contrairement à ce qu’affirme Manuel Valls, elle n’est pas destinée à créer des emplois, elle est destinée à accroître la dictature patronale sur le salariat. Elle est à combattre.

 

 

 

 

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